Hadia OTERO 
Thérapeute
Analyse-Psycho-Organique
Tél. 06 85 73 44 30 


 
Extraits de mon mémoire sur le parcours d'un travail thérapeutique

Maltraitance

Témoignage :

Tout changement pouvait être suspect, comme cette fois où ma mère m'a tenue entre ses jambes parce que je lui ai répondu. Elle m’a dit textuellement « ça te démange (elle parlait de mon sexe) je vais te calme tout de suite». Elle m’a traînée dans la cuisine. Elle a pris du piment écrasé me l’a mise dans le sexe.
Je me souviens, d’une sensation de brûlure, de m’être lavée, après je ne me souviens pas.
 
Je n’ai pas pris réellement conscience de cette scène de torture subie, qu’à 25 ans au moment d’un travail de thérapie en groupe. Comment j’en suis venue à raconter mon histoire, je ne me souviens plus, comment je l’ai racontée avec distance, sans émotion, sans douleur, comme un fait sans importance.
 
Mais ce sont les regards, et le silence qui m’ont fait prendre conscience qu’il y avait un problème. Mais je n'en avais toujours pas conscience. J’ai juste rajouté, « j’ai dit une connerie, c’est ça ?» Et je l’ai raconté une 2e fois et là j’ai pris conscience de chaque mot que je disais et que c’est moi qui n’avais pas conscience encore dans mon corps de la souffrance et de la douleur.
 
Un malaise était en train de grandir en moi : mon coeur s’est mis à battre très vite, je prenais conscience, d’être de plus en plus mal. J’avais du mal à respirer, je me suis pliée en deux, j’avais les mains sur mon sexe, en ressentant cette douleur enfuie que je ne pouvais pas ressentir, au moment où ma mère me l’a infligée sous peine de me désintégrer.
 
Je suis bien consciente que le cadre thérapeutique, contenant, sécurisant, m’a permis d’accepter et de lâcher ma douleur qui me rongeait et me détruisait de l’intérieur et je me suis mise à crier. Je suis tombée au sol, j’avais mal au sexe, je sentais cette brûlure, je me sentais à vif. Et je répétais sans cesse, il me faut de l’eau, je dois me laver, j’étais au bord de l’évanouissement, mais le mot juste est : « perte de conscience ».
 
Ma thérapeute m’a pris dans ses bras, puis avec des paroles apaisantes, réconfortantes, elle a été pour moi à ce moment-là, la bonne mère. Les autres personnes du groupe, m’ont fait un cocon de leurs bras. Et j’ai pu revenir tout doucement dans la pièce.
 
Je peux dire que je me suis dissocié, pour ne pas sentir cette douleur. C’était pour la survie de mon psychisme et de mon corps. J’ai pu récupérer cette partie de moi qui avait fui, grâce à ce travail douloureux. J’ai accepté ma souffrance en la reconnaissant mienne et je n’ai plus rejeté cette partie mutilée de mon corps.
   
 Après ce travail, j’ai eu des mycoses très graves pendant plusieurs mois. Il a fallu faire un travail essentiellement sur le corps. Laisser exprimer ma colère. Je m’en voulais de m’être laissée faire, il a fallu accepter que je sois restée inactive, accepter que ma mère ait été sadique.
 
J’ai donc déchargé ma colère : en frappant sur des coussins, ou en donnant des coups de poing sur les murs tapissés de matelas, accepté de m’être sentie impuissante. Et surtout une colère de souffrance que je voulais extérioriser de moi. je ne voulais plus qu’elle soit à l’intérieur de moi à me détruire.

J’ai pu aussi par des rêves éveillés dirigés, des visualisations de cette partie mutilée transformer ces images, en donnant une autre issue, un autre chemin, et une autre image. Et faire que cette partie en souffrance puisse s’apaiser, et au fur et mesure du travail les mycoses (mon symptôme), se sont d’abord espacées puis ont disparu.

 
Avec son accord voici le témoignage d’une de mes patientes faisant un travail thérapeutique avec moi 

R.H.

 

 
Extraits de mon mémoire sur le parcours d'un travail thérapeutique
Témoignage :
Mes premières années de thérapie ont été une souffrance, une perte de repères, une désillusion de toutes mes croyances, il a fallu faire le deuil de ce qui ne pourrait pas changer. Accepter ma souffrance, ma vulnérabilité, ma fragilité. J’ai pu sortir ma colère, ce qui m’a permis de mieux la canaliser à l’extérieur.
 
J’ai fait des psychodrames pour pouvoir, verbaliser tous les mots (maux) que je n’ai pas pu exprimer à ma famille. J’ai pu l’exprimer en criant, et en parlant à ce père qui était absent, et qui m’a abandonnée ; Lui dire ma haine sans me sentir coupable de ce sentiment. Puis, plus tard accepter l’amour que j’ai pour lui sans me sentir coupable de l’aimer malgré sa défection. 
 
D’accepter d’avancer et de faire le deuil, de ce père qu’il ne sera jamais. Les humiliations subies par ma mère qui m’a mis la tête dans les toilettes et qui a actionné la chasse. Qui m’a mordue près de ma bouche me laissant l’empreinte de ses dents à vie sur le visage, parce qu’elle se sentait dépassée par moi.  
 
Pouvoir dire à mes frères mes blessures et ma haine au point de vouloir les voir morts. Puis faire le deuil de ses sentiments envers eux et me dire que ses émotions ont été nécessaires à un moment pour m’en sortir et de me rendre compte qu’elles me détruisait de l’intérieur.  
 
Je devais avancer et enfin vivre ma vie. Reconnaître sa maltraitance pour accepter sa souffrance et se dire qu’elle n’était pas normale. Accepter le passé pour accepter la vie.  
 
Cela a pris plusieurs mois et même plusieurs années pour me reconstruire. Pour essayer de comprendre pourquoi ma mère ne m’a pas guidée, qu’elle ne m’a pas aimée d’un amour inconditionnel. Plusieurs années pour accepter et faire le deuil de cette mère qu’elle ne sera jamais.  
 
Et se dire qu’elle a fait avec ce qu’elle était ; et qu’elle ne sera jamais ce que j’aurais aimé qu’elle soit (ce fut le deuil le plus dur à accepter inconsciemment et consciemment, car la petite fille en moi a longtemps espéré une mère aimante qui regretterait sa maltraitance).
 
J’ai fait un long-parcours et encore aujourd'hui j’ai un long chemin à parcourir dans mon travail thérapeutique. 
 
Avec son accord voici le témoignage d’une de mes patientes faisant un travail thérapeutique avec moi 
  
 R.V.