Hadia OTERO 
Thérapeute
Analyse-Psycho-Organique
Tél. 06 85 73 44 30 

 Extraits de mon mémoire sur le parcours d'un travail thérapeutique

Couple :
 
Témoignage :

Au début de notre relation, j’étais le volcan qui pouvait être en éruption à tout moment (une bombe à retardement), j’étais impatiente, impulsive. Lui était serein, patient, réfléchi. Il me trouvait trop extravertie, trop expansive, trop exubérante.
 

Il me disait qu’il avait honte de moi (comme ma famille). Là aussi j’étais deux personnes. Encore le même scénario qui se rejoue j’étais trop différente de lui. Et pour lui plaire j’ai enfoui ce que j’étais.

 

Quand nous sortions avec ses amis. Je ne disais rien, je parlais peu, j’essayais de pas rire trop fort, d’être invisible, d’être inexistante. Tout ce que je ne suis pas.

 

Quand je me perdais dans cette autre moi que je n’étais pas. je partais dans des grandes crises hystérie (tout cela je l’ai compris avec travail personnel). Je l’ai poussé au-delà de ses limites, Et inconsciemment j’attendais la sentence, les coups. Comme mes frères.

 

il m’a donné une autre image de l’homme : Il était à l’écoute de mes besoins. Il essayait toujours de satisfaire mes désirs, ne frappait pas. Ce fut la perte de toutes mes croyances (début de ma thérapie quelque mois après), je n’étais rien (le non être), il me demandait mon avis, alors je ressentais le vide en moi (je me suis remplie, j’ai pris 20 Kg)

 

Il a répondu à tous mes besoins Plus j’avançais en thérapie plus je répondais moi-même à mes besoins. Je prenais confiance en moi tout doucement et j’avais moins besoin qu’il me rassure.

 

Plus je devenais indépendante dans mes choix, dans mes convictions moins je le sollicitais.

 

Au début de notre rencontre. Il a été ma bouée de secours, mon point d’ancrage. Puis au fur et à mesure qu’avançait ma thérapie. J’ai pu d’abord surnager avec ma bouée à côté de moi. Ensuite j’ai pu nager sans lui.

J’ai eu des questionnements sur notre couple : dois-je le quitter ? Est ce que je l’aime encore ? Pourrais-je m’en sortir sans lui ? Arriverais-je à vivre seul ? Pour toutes ces questions la réponse est : je ne sais pas.

 

Aujourd’hui, je n’ai plus peur qu’il m’abandonne, ou d’être seule, de vivre seule, de m’en sortir financièrement. J’ai cru un certain temps que je ne l’aimais plus. Mais en réalité mon amour pour lui avait changé.
 

J’ai guéri mon enfant intérieur par un travail qui a duré longtemps et qui dure encore. J’ai bercé mon enfant intérieur, je l’ai écouté, je l’ai entendu, je lui ai parlé, j’ai senti et accepter sa souffrance et sa douleur et je l’ai aimé tel qu’il est.
 

C’est une femme qui l‘aime aujourd’hui, parce que c’est un homme bien, généreux, attentif, gentil, patient, sur qui je peux compter, que j’admire pour sa culture générale qui m’éblouit. Ainsi que sa vision de la vie.

 

Ce qui fait la différence aujourd’hui c’est que je n’attends pas qu’il soit superman, ou le prince charmant. Il est redevenu un homme avec ses défauts sa vulnérabilité. Nous sommes à égalité, il n’est plus celui que j’ai mis sur un piédestal. Il était Dieu et moi je me considérais comme rien.

 

De tout cela j’en pris conscience pendant mon travail thérapeutique. J’ai pris conscience que si nous devions continuer et avancer ensemble, il fallait que je fasse le deuil de cet homme tout puissant qui avait une solution pour tout. Et accepter cet homme qui était à mes côtés.

 

Ma thérapeute m’a dit cette phrase qui a raisonné en moi très fort « peux-tu remettre les compteurs à Zéro» sur le moment j’ai répondu « je ne sais pas».

 

Mais mon inconscient avait déjà commencé le travail intérieur.
 

Quand je suis rentrée ce jour, je le voyais et je me sentais différemment. Mon attitude s'est modifiée. Je n’étais plus agressive. Plus de rancune. Plus de pression. Et j’acceptais son rythme. Et surtout j’ai pris conscience d’avoir envie d’avancer et de faire des choses ensemble.

 

En prenant confiance en moi et en ma valeur, en acceptant ce que je suis. Je pris conscience que j’avais changé le contrat inconscient de notre couple. Je comprends beaucoup mieux sa détresse, et parfois cette impression de plus se sentir utile.

 

A présent je ne me sens plus détruite par ses humiliations verbales. Elles n’ont plus d’emprise sur moi. Certaines de mes failles sont guéries. Et certaine se cicatrise, d’autres sont plus profondes, mais ne saignent plus ; et il me faudra encore du temps.
 
A présent je lui laisse ses mots durs : ce sont ses blessures et pas les miennes. J’essaye de le comprendre et de l’entendre.

 

Nous vivons ensemble depuis 23 ans et sommes mariés depuis 15 ans. La vie avec lui n’est pas facile, son humeur est souvent changeante.

 

Aujourd’hui nous sommes toujours ensemble, il y a des jours avec des jours sans.

 

il n’a plus de parole blessante plus d’humiliation, car moi je suis différente devant lui je crois en ma valeur, j’ai de l’estime pour moi, de l’amour pour moi-même et quand il y a des conflits, je n’attends pas qu’il résout tous comme avant mais nous essayons de les résoudre ensemble, j’ai pris les rênes de ma vie. En étant avec lui
 
RHOV.